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ESTAIMPUIS :Le collège de la Salle a-t-il encore un avenir ?

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Le promoteur assure que les travaux devraient reprendre un jour, les Estaimpuisiens n’y croient plus 

Une fois de plus, les travaux qui devaient transformer le collège de la Salle en très bel ensemble d’appartements ont été stoppés. La pluie et la végétation reprennent possession des bâtiments qui sont sans toiture… Pour les Estaimpuisiens, c’est un vrai gâchis ! Ne vaudrait-il pas mieux raser le tout pour réaliser de nouveaux logements plutôt qu’espérer sauver des ruines qui se dégradent de jour en jour et donnent une triste image de « l’entité qui vit » ?  
Le collège Saint-Jean Baptiste de la Salle a été construit en 1907. Cette école de réputation internationale était dirigée par les Frères des écoles chrétiennes. Dotée d’une excellente réputation, l’école a accueilli les garçons des grandes familles du nord. Le collège privé figurait parmi les plus réputés et comptait dans ses plus belles années, jusqu’à mille pensionnaires.
 
En 1985, suite au premier choc pétrolier, à la dévaluation du franc et à la diminution du nombre de religieux qui enseignent à titre gracieux, la trésorerie du collège qui ne pouvait compter sur aucun subside public est mise à mal. L’école ferme définitivement ses portes.
 
Les bâtiments restés à l’abandon plus de 15 ans, sont alors investis par des squatters. Des tags retrouvés sur les murs et dans la chapelle témoignaient d’ailleurs de cette occupation sauvage.
 
Le bâtiment devient victime de l’acharnement de pyromanes qui interviennent à plusieurs reprises et dont les motivations échappent au promoteur immobilier de l’époque qui veut transformer le collège en soixante appartements et lofts. Après maintes péripéties immobilières, le site est enfin racheté par la société Silver Cloud qui propose le développement d’un projet ambitieux et respectueux de l’esprit des lieux.
 
La commune impuissante
 
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Le « superbe » projet du Domaine de l’Espierre voit le jour, du moins sur papier, et sur un site internet on découvre de magnifiques images de synthèse de la future implantation. Les travaux annoncés tardent à commencer, un procès pour malfaçons contre les anciens propriétaires est introduit et l’affaire est au tribunal dans l’espoir d’obtenir une réduction du prix d’achat. Des travaux qui avaient déjà été réalisés par les anciens promoteurs doivent être détruits et recommencés par le nouvel acquéreur.
 
Après des années de batailles juridiques et l’obtention des permis et autorisations nécessaires, les travaux peuvent reprendre. En 2018, les Estaimpuisiens retiennent leur souffle en voyant des grues arriver et les travaux reprendre sur le site de 56.000 m 2 . La toiture est retirée et d’après le promoteur contacté à l’époque, les murs devaient être consolidés pour recevoir une nouvelle toiture en septembre. Hélas une fois de plus les travaux sont stoppés en juin, laissant la pluie et la végétation prendre possession des bâtiments sans toiture. À part la menace d’une amende sur un immeuble inoccupé d’un montant avoisinant les 60.000 euros, le bourgmestre et la commune n’ont plus aucun pouvoir sur l’avancement et le contrôle du chantier. Il semble que pour éviter la fameuse amende, les promoteurs investissent d’ailleurs les lieux quelques jours par an prétextant une reprise des travaux.
Les Estaimpuisiens qui ne croient plus trop au sauvetage de ce bâtiment espèrent toutefois que le déroulement du chantier gagnera en efficacité s’il redémarre un jour, après les études techniques et les appels d’offres en cours.
 
Daniel Senesael avoue relancer régulièrement le promoteur immobilier, la SA Silver Cloud. Les dernières réponses obtenues, même si elles confirment la volonté de continuer les travaux, ne rassurent pas quant à l’aboutissement rapide du projet.
Le promoteur assure que tout est mis en œuvre pour poursuivre la rénovation du Collège de la Salle de façon continue, tout en respectant les délais nécessaires aux nouvelles études techniques et aux appels d’offres spécifiques.
 
La longue liste des travaux à réaliser pour demarrer sereinement le chantier
 
Si les travaux reprennent, des « micropieux » doivent encore consolider les fondations existantes.
Certaines dalles doivent être démolies et reconstruites, ce qui passe par la stabilisation préalable des façades et des pignons.
Ce qui doit être réalisé par une entreprise spécialisée.
De nombreuses parties de la façade supérieures doivent être reconstruites de manière à être esthétiquement conformes au bâtiment existant.
Enfin, la nouvelle législation demande également une refonte complète du cahier des charges pour une optimisation des performances énergétiques et acoustiques.
 
Pour l'opposition 
 
« C’est un réel sentiment de gâchis concernant ce dossier »  
Dans l’entité d’Estaimpuis, les deux forces politiques de l’opposition avouent se préoccuper du destin de ce chancre, comme tous les citoyens estaimpuisiens. Ce sera même une des principales batailles des groupes Ecolo et Pour Vous lors des conseils communaux de cette mandature. « Pour l’instant, c’est un réel sentiment de gâchis que nous exprimons », explique José Lericque, chef de file des Ecolo. « Nous suivons de près les péripéties que nous fait subir le promoteur. Leurs promesses, c’est de la poudre aux yeux ».
 
Pour Patrick Van Honacker "A l'époque notre groupe a proposé l'expropriation de l'ensemble. IL aurait été plus judicieux de travailler comme on l'a fait à l'époque pour l'autre collège qui acceuille l'entreprise la redoute. Dommage car on aurait pu donner aux Estaimpuisiens autre chose que des ruines"
 
Le sujet reviendra assurément régulièrement autour de la table du conseil communal.
 

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