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Dans les gares de Mouscron, Herseaux et Tournai les mauvaises herbes envahissent les voies.

Les voies de nos gares donnent une mauvaise image de notre région aux visiteurs et aux navetteurs

Évidemment, une fois que les trains entrent en gare, elles ne se voient plus ! Mais quelle image dans les gares où les mauvaises herbes recouvrent les voies de chemin de fer. Tournai, Mouscron et d’autres gares sont concernées par ce manque d’entretien dans les gares…

« On est en colère ! Les gens voient bien qu’il fait sale sur les voies et ils ne retiennent que ça ! », s’exclame un agent chargé de la propreté en gare de Tournai. « Quelle image donnons-nous ? ». Une image qui n’a malheureusement rien d’une image d’Épinal : des mauvaises herbes dont certaines atteignent les 50-60 centimètres. « Et qui vont même jusqu’à gêner les conducteurs de trains qui ne voient plus correctement les signaux de sol », ajoute, finalement inquiet, un autre membre de la maison SNCB. En gare, de Mouscron à Enghien, de Tournai à Blaton… que des mauvaises herbes ! Jamais, les voies de chemin de fer n’ont été aussi envahies de la sorte, même s’il existe une nuance d’une gare à l’autre. À Tournai, la situation est désarmante, comme en témoignent nos photos. Les voies 1,2,3,4 et 5 sont envahies par les mauvaises herbes. Mais Tournai n’est pas la seule gare de la région dans cet état. Si la situation semble moins préoccupante à Mouscron ou encore à Antoing, Péruwelz bien que pas excellente, elle est comparable par contre à Herseaux, Ath, Blaton… « C’est normalement Infrabel qui se charge des voies, mais on n’a encore vu personne », pousse un agent de la gare de Tournai, « avant, on avait un train désherbeur, mais on ne le voit plus. Ça donne une mauvaise image de la gare et ça ne donne pas envie aux gens de participer à une gare propre », ajoute-t-il. Et cela décourage aussi les travailleurs. Il faut en effet savoir que si l’entretien de la gare, à savoir des quais et des bâtiments, est confié à des agents de « B Station », l’entretien des voies fait l’objet d’un « flou » entre la SNCB et Infrabel. « Tous les jours, on nous interpelle, les gens ne comprennent pas que le personnel de la gare n’est pas autorisé à intervenir sur les voies pour les débarrasser de tous ces déchets et de ces mauvaises herbes », ajoute l’agent qui ne peut donc pas intervenir sur les voies. La gare de Tournai compte sept agents chargés de la propreté, la gare d’Ath en compte deux. Les autres gares de la Wallonie picarde, comptant moins de 20.000 passagers, dont la gare de Mouscron, mais aussi Leuze et les gares de la dorsale wallonne, sont entretenues par une équipe mobile qui dépend de Mons. « Au moment du transfert des compétences entre les différentes entités de la SNCB, le nettoyage des voies n’a pas été transféré », avait déjà concédé dans nos colonnes en 2015 Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB. Depuis, rien n’a changé ! Des discussions sont toujours en cours entre les différentes entités. Et comme elles n’avancent pas, les mauvaises herbes ont le temps d’envahir les voies de nos gares. À Tournai, mais aussi à Leuze, à Ath ou encore à Enghien, les agents de propreté « B Station », sont descendus sur les voies ce printemps pour les nettoyer, avec le soutien d’Infrabel qui a interrompu le trafic pour des raisons de sécurité, mais c’était avant que les mauvaises herbes ne poussent. À Tournai, 25 sacs de déchets ont été récoltés en mars 2016, on en avait déjà compté 33 en mai 2015, signe aussi du manque de civisme de certains navetteurs. Aujourd’hui, pour s’en débarrasser, il faut arracher. Mais quel boulot ! Du côté d’Infrabel, on parle de « zone grise », avance Frédéric Sacré, porte-parole, « ce n’est plus Infrabel qui doit se charger des voies, mais la SNCB où ont été transférés en 2014 les hommes et les budgets adjacents. Mais nous sommes en phase de clarification notamment parce que les hommes d’entretien de la SNCB n’ont plus l’accréditation pour sécuriser les voies. En cas d’accidents, on risque pas mal de problèmes. Une situation rendue aussi plus compliquée par l’interdiction d’utiliser certains produits ». Un nouvel exemple du surréalisme à la belge…

 

Source: article ALBERT DESAUVAGE Nord Eclair - Photos B Libert

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