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À Estaimpuis, une opposition muselée ?

Depuis les dénonciations de Bernard Wattez, les tensions entre la majorité PS d’Estaimpuis et de l’opposition sont de plus en plus vives. Dorénavant, les questions posées par l’opposition lors du conseil communal devront être soumises au Collège 48 heures à l’avance. Il ne sera donné aucune réponse à toute autre question. Ecolo et le cdH estiment que la majorité veut museler l’opposition, ce que réfute Daniel Senesael.

ecolo estaimpuis.jpgDécidément, l’opposition ne décolère pas à Estaimpuis. Alors qu’on est habitué à ce que ce soit le cdH qui lâche son « pitbull », Bernard Wattez, sur la majorité PS, il s’avère que les Ecolo ont décidé de donner comme cadeau de fin d’année une volée de bois « vert » au maïeur Daniel Senesael. Dans un communiqué posté sur leur site internet (ICI), les conseillers communaux estiment que la démocratie est en péril au sein de l’entité qui vit… depuis que Bernard Wattez a interpellé le maïeur lors du conseil communal au sujet de certains marchés publics passés par la commune. « Son interpellation était provoquée par le manque de réponses claires obtenues lors de la commission des travaux qui avait précédé la réunion du conseil. Il s’interrogeait même sur la légalité de la procédure utilisée en la matière. Le bourgmestre s’est alors engagé à se renseigner et à lui donner une réponse. Cette réponse, il l’a finalement théâtralisée, mise en scène lors d’une conférence de presse qui a suivi quelques jours plus tard. Il est vrai que pour se mettre en scène, on s’y connaît à Estaimpuis », souligne Ecolo.

xavier.jpgDepuis, le bourgmestre a demandé aux conseillers d’envoyer leurs questions 48 heures à l’avance. « Ce qui veut dire qu’il sera interdit de débattre lors du conseil communal. Ce qui veut dire qu’on va nous imposer les choses, c’est inacceptable dans une démocratie… », souligne Pauline Trooster, Ecolo. « Il revient avec cet article du règlement alors qu’il ne l’avait jamais appliqué auparavant. Cette décision vise à interdire le débat au conseil communal. Dans ce cas, le conseil n’a plus lieu d’être car il arrive parfois qu’il y ait des questions faisant référence à l’actualité qui peuvent tomber à moins de 48 heures avant le conseil », peste Xavier Adam. « Lors de cette conférence de presse, il a affirmé haut et fort que rien n’était illégal dans la passation des marchés à Estaimpuis. Il s’est offusqué des propos tenus par Monsieur Wattez et a conclu qu’il déposerait plainte à son encontre pour propos diffamatoires. Faut-il comprendre que lorsqu’un membre de l’opposition s’interroge, questionne, investigue, cela devient diffamatoire aux yeux du bourgmestre ? »

WATTEZ NE VEUT PAS LÂCHER

wattez.jpgDu côté du cdH, Bernard Wattez est en colère, mais à peine surpris par cette décision soudainement prise par le maïeur estaimpuisien. « Il n’avait jamais fait respecter ce point auparavant, c’est clairement de l’excès de zèle de sa part », balance-t-il. « Je peux comprendre qu’il soit de mauvaise humeur après avoir ce qu’il s’est passé… D’ailleurs, j’attends encore sa plainte. Je suis pour ma part droit dans mes bottes. Mon but dans mon intervention n’était pas de faire le procès de quelqu’un mais plutôt de proposer quelque chose pour éviter ce type de problème. Mais bon, la proposition vient de Wattez donc ça doit forcément être réfuté. S’il le faut, on fera aussi des conférences de presse. », ajoute-t-il non sans une pointe d’ironie. Il ne fait aucun doute que les prochains conseils communaux seront tendus du côté d’Estaimpuis.

senesael.jpgAlors que l’opposition ne le lâche pas depuis les tensions survenues après le déballage de Bernard Wattez, le bourgmestre Daniel Senesael assure qu’il n’est pas question de museler l’opposition. « C’est faux, tout à fait faux », martèle-t-il avec véhémence. Pour lui, ce rappel devait se faire et il n’y a pas lieu de polémiquer là-dessus. « Cela se fait dans toutes les assemblées. L’opposition veut des réponses concrètes et précises, c’est leur droit. Mais pour répondre à leurs attentes légitimes et surtout leur répondre de manière concrète et précise, il faut pouvoir se préparer afin de leur donner des réponses complètes et totales. Toutefois, s’ils ont des questions à poser lors du conseil communal et pour lesquelles je ne peux leur apporter une réponse directe, ils devront, comme cela se fait, attendre le prochain conseil. Ce n’est donc pas une révolution que de leur demander un délai de 48 heures », souligne Daniel Senesael. « Je ne cherche pas à museler l’opposition car on a besoin d’avoir le nez dans l’assiette. Avec elle et grâce à elle, nous devenons plus téméraires et c’est un plus d’avoir une opposition active. »

source: article J.K - NE 

 

Commentaires

  • Le règlement d'ordre intérieur du Conseil communal d'Estaimpuis a été adopté le 15 janvier 2013 et modifié le 2 février 2015.

    Le règlement original ainsi que la modification ont été adoptés à l'unanimité des membres présents.

    Pour mémoire, tous les membres Cdh-Ic et Ecolo participaient à ces réunions.

    Quant au texte de l'article 76 modifié, il précise :

    "Article 76 – Par. 1er- Lors de chaque réunion du conseil communal, une fois terminé l'examen des points inscrits à l'ordre du jour de la séance publique, le président accorde la parole aux membres du conseil qui la demandent afin de poser des questions orales d'actualité au collège communal, étant entendu qu'il l'accorde selon l'ordre des demandes et, en cas de demandes simultanées, selon l'ordre du tableau de préséance tel qu'il est établi au Titre Ier, Chapitre 1er, du présent règlement.

    Il est répondu aux questions orales :
    - soit séance tenante si elles sont transmises 24 h avant la séance du conseil,
    - soit lors de la prochaine réunion du conseil communal, avant que le président accorde la parole afin que, le cas échéant, de nouvelles questions orales d’actualité soient posées.

    Par. 2 – Les questions discutées en séance sont notamment régies par les modalités suivantes :
    - le conseiller dispose d’un maximum de 10 minutes pour développer sa question ;
    - le collège répond à la question en 10 minutes maximum ;
    - le conseiller dispose de 2 minutes pour répliquer à la réponse ;
    - les questions sont examinées en séance publique ou à huis clos, selon les règles ordinaires inscrites aux articles L1122-20 à L1122-22 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation.

    Les questions des conseillers communaux sont transcrites dans le procès-verbal de la séance du conseil communal, conformément à l’article 45 du présent règlement." -

  • Pourquoi contredire un politicien à Estaimpuis, puiqu’on sait très bien, par expérience, qu’il persistera dans ses erreurs ! ;-)

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