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Venue de Chine pour gagner sa vie, elle trouve l’enfer à Estaimpuis

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Une Chinoise pensait gagner facilement de l’argent pour aider son mari malade et ses deux enfants restés en Chine. Pendant plus de dix ans, elle a été exploitée par un restaurateur qui n'a ni foi, ni loi...

Nous sommes en 2004, Xi est une jeune Chinoise qui vit dans une région pauvre de l'empire du Milieu. Elle est mère de deux enfants et femme d’un homme malade.

Dans le pays communiste, où l’égalité entre chaque homme est un leurre, elle n’a aucun avenir.

Une société mafieuse, dénommée la "Tête du serpent" lui propose un boulot, à des milliers de kilomètres de chez elle. En Belgique, sur la frontière française, un homme l’attend pour travailler chez lui. Un mois de salaire lui suffiront pour payer un bon médecin et assurer un avenir à ses gosses.

Elle tente le coup et file dans un avion qui atterrit à Kiev, terminus. De l’Ukraine, elle rejoindra l’Allemagne par ses propres moyens. Son périple va durer plus de cent jours. «Elle a traversé des montagnes, dormi au bord des ruisseaux», raconte son avocat, Me Geoffroy Huez.

UN VRAI DICTATEUR

Elle finira par arriver en Belgique où Ji l’attend. Ji est restaurateur à Estaimpuis. C’est un véritable dictateur avec ses proches, au point que sa femme va finir par mettre les voiles pour le laisser avec sa mère et sa soeur. Qu’importe, la nouvelle va servir de bonniche. Elle nettoie, racle les crasses et s’occupe des enfants de son patron, qui l’engueule, l’humilie devant les autres employés, pas plus déclarés qu'elle.

L’enfer va durer dix ans. Pendant plus de 3.600 jours, Xi va dormir dans la crasse et servir de souffre-douleur à un dictateur aux yeux bridés. Les trois premières années, elle ne sera pas payée car il faut qu’elle rembourse son voyage, soit 14.000 euros. Après, elle va obtenir un salaire de moins de deux euros de l’heure. En 2012, son patron va la déclarer avec un salaire mensuel de 1.600 euros pour obtenir un permis de la Région wallonne, mais Xi en percevra à peine la moitié.

Après près de dix ans d’esclavage moderne, Xi va se rebeller. La seule et dernière fois. La nuit du 21 au 22 novembre 2012, son patron la réveille en pleine nuit et la vire de chez lui.

CINQ JOURS D’ERRANCE

Pendant cinq jours, la pauvre Xi va errer dans les rues de Tournai. Elle a raconté toute son histoire à la police et aux inspecteurs sociaux. Interrogé, son patron nie tout en bloc.

Pourtant, en 2004, un médecin bien connu à Estaimpuis avait constaté l'état de santé précaire de cette femme. Deux ans plus tard, le patron du restaurant était inquiété par la justice, une première fois, mais il a continué à employer des gens non déclarés, des illégaux. Présumé innocent, son absence à la barre risque de lui être fatale. En plus, lors d’un contrôle, un cuisinier avait pris la fuite et n’avait pas pu être identifié. Encore un esclave des temps modernes ?

source : article de CÉDRIC KETELAIR Nord Eclair

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