RECYCLAGE :Canettes consignées : 1,30 euro dans votre sac PMC

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En charge de la Propreté publique, le ministre Carlo Di Antonio dévoilait, il y a quelques jours, l’une des mesures qu’il veut étudier à la rentrée : appliquer une consigne de 10 cents sur les canettes de boissons, histoire qu’on arrête enfin de les jeter un peu partout.
Ramener ses canettes vides au supermarché, pour recevoir sa consigne et en racheter de nouvelles est-ce réalisable ? Pour les acteurs du secteur, la formule est inadaptée. L’idée de Carlo Di Antonio divise en effet dans le secteur du recyclage et de la propreté publique. Pour le citoyen « trieur », dont chaque sac PMC compte environ 13 canettes de boisson, cette consigne signifierait qu’il gagnerait en moyenne 1,30 euro en ramenant ses canettes au magasin, plutôt que de les jeter dans un sac bleu ou une poubelle classique.

CHASSER LES MOUCHES AU BAZOOKA

De leur côté, les professionnels du recyclage n’apprécient guère l’idée de cette consigne. «C’est comme s’il chassait les mouches avec un bazooka », estime-t-on ainsi chez Fost Plus. «Les déchets d’emballage ne constituent que 5 à 15 % des dépôts sauvages.
Cette consigne ne va donc pas tout résoudre. Sa volonté de réduire les dépôts sauvages est louable, mais ici, on va changer un système qui fonctionne bien et qui a fait ses preuves, pénaliser une grande partie des gens qui trient bien leurs déchets, pour une poignée d’irréductibles qui jettent effectivement leurs canettes n’importe où. » Actuellement, Fost Plus recycle 14,1 kg de PMC par habitant par an. Son financement, elle le puise dans les cotisations de ses membres, les producteurs d’emballages comme Coca-Cola et Unilever, ainsi que dans la revente de ces matériaux recyclés. «Cette consigne va représenter un investissement de 200 à 300 millions d’euros », souligne Youri Sloutzky, le porte-parole de Fost Plus. «On ne fera pas d’économie sur les collectes PMC puisque les camions passeront aussi souvent, mais ramasseront peut-être moins de sacs. Par contre, il va falloir acheter et installer les machines à consignes de canettes, comme celles qui existent pour les bouteilles en verre, former du personnel dans les supermarchés, etc. »

ÉDUQUER LE CITOYEN

«Et il faudra aussi que ces magasins aient la place suffisante pour accueillir ces machines », poursuit notre interlocuteur. «De plus, imaginez l’inconfort pour le citoyen : il devra garder ses canettes vides non écrasées chez lui et les ramener au magasin avec le risque qu’il y ait des files. De plus, pour ceux qui achètent des canettes sur la route, au travail ou à l’école, ils devront soit choisir de les garder avec eux toute la journée pour retoucher leur consigne, soit de les jeter et de perdre ainsi 10 cents. Enfin, sachant que de nombreux Belges frontaliers vont acheter des canettes et des boissons à l’étranger, il faudra voir si on leur permet de ramener leurs canettes au magasin, ou si on ne consigne que les emballages du marché belge.
Bref, c’est un casse-tête inutile. » Pour Fost Plus, c’est plutôt dans l’éducation et l’information des citoyens, ainsi que dans le durcissement de la répression en matière de dépôts sauvages et clandestins qu’il faut travailler.

Source Nord Eclair article de L.P

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