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L’incendie, qui a coûté la vie à la famille Van Der Par, pourrait être d’origine criminelle

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L’incendie qui a coûté la vie à un couple et leur petite fille de 6 ans dans une maison de la rue Roland Vanoverschelde à Mouscron dans la nuit de lundi à mardi pourrait bien être d’origine criminelle. Certains faits et surtout témoignages récents peuvent laisser à le penser. Mais le Parquet de Tournai refuse d’affirmer que c’est bien la thèse retenue. Pour l’heure, il y a instruction et cela reste un accident.

Les pompiers ont tout fait dans la nuit de lundi à mardi pour tenter de sauver la famille Van Der Par, piégée par les flammes. La violence de l’incendie a rendu le rez-de-chaussée totalement inaccessible et les trois victimes ont été découvertes à l’étage, intoxiquées par les fumées. A ce moment là, la fillette donnait encore de légers signes de vie mais les secours n’ont malheureusement pas pu la sauver. Lorsque les pompiers les ont découverts, la petite Malyssia, 6 ans, était dans les bras de sa maman.

 Ludovic et Chantal Van Der Par habitaient dans le quartier du Nouveau-Monde, rue Roland Vanoverschelde. Sans emploi tous les deux, ils vivaient avec leurs deux enfants, Malyssia (6 ans) et Kelian (2 ans et demi). Le petit Kelian était heureusement chez son parrain le soir du drame. Si l’on en croit Françoise Frère, la meilleure amie la famille, Ludovic Van Der Par lui aurait dit quelques heures avant l’incendie qu’il comptait bientôt passer à l’acte et mettre le feu à sa maison. Cela confirmerait les soupçons en partie émis par la police à l’égard de l’homme, un pyromane notoire qui a bouté le feu à de nombreuses voitures par le passé. Françoise était la meilleure amie du couple Van Der Par. Cela faisait une dizaine d’années qu’ils se connaissaient et qu’elle côtoyait régulièrement Ludovic et Chantal ainsi que leurs deux enfants. Françoise est la dernière personne à avoir vu Malyssia et ses parents en vie. Elle s’est rendue ce mardi dans nos locaux pour témoigner de ce drame familial. « Lundi, Chantal est venue chez moi vers 16h avec Malyssia, nous avons un peu discuté de notre quotidien et de nos enfants puis nous avons décidé de partir chez elle pour rejoindre son mari ». Les deux amies, accompagnées de Malyssia, se rendent donc à pied au domicile des Van Der Par situé une rue plus loin. Arrivée sur place, Françoise constate tout de suite que Ludovic est fortement alcoolisé. «Ludovic avait arrêté de boire il y a quelques mois, il avait même entamé un traitement mais il a replongé assez vite et s’est remis à boire de plus en plus.» Le père de famille met de la musique, il propose un verre à son épouse et à Françoise. Selon elle, il est plutôt dans un bon jour et elle ne remarque rien d’inhabituel dans son comportement. Une autre personne est présente, il s’agit d’un ami de Ludovic qui a un passé de toxicomane et que le couple héberge depuis quelques semaines. Kelian, leur fils de 2 ans et demi est quant à lui parti passer la nuit chez son parrain à Menin. La soirée se déroule donc normalement mais un détail vient troubler Françoise. Ludovic lui confie avant qu’elle ne rentre chez elle qu’il est au bout du rouleau et qu’il désire en finir avec la vie. « Il avait déjà dit à une amie commune que tôt ou tard, il mettrait le feu à sa maison. Il disait souvent ça quand il avait trop bu » explique Françoise, la voix nouée par l’émotion.

 En plus de ses problèmes liés à l’alcool, Ludovic Van Der Par avait de nombreux soucis à régler au niveau de sa maison. « La cave était inondée, il y avait des fuites un peu partout et Ludovic s’énervait souvent à ce sujet.»

 Françoise met finalement les paroles de l’homme sur le compte de l’alcool et rejoint son domicile de la rue de Dixmude. Ce soir là pourtant, elle a un mauvais pressentiment. « Je ne peux pas l’expliquer mais j’ai eu l’impression que cette fois ci, il était vraiment déterminé à le faire… »

Pendant la nuit, Françoise se réveille. Elle entend de l’agitation et aperçoit le camion des pompiers par la fenêtre de son jardin. « Je me suis habillée pour aller voir ce qui se passait. Des voisins sont directement venus vers moi et m’ont dit que l’incendie venait de chez mes amis, c’est à ce moment là que je me suis rappelé les mots de Ludovic… » explique Françoise Frère qui ne sait plus quoi penser. Tout comme le parquet de Tournai en charge de l’affaire qui pour l’heure précise que rien ne permet d’affirmer de façon définitive que ce feu est criminel ou serait signé des mains du père pyromane.

«Tout ce qui m’importe désormais, c’est que Kelian soit en de bonnes mains.», poursuit Françoise. Kélian, deux ans et demi, a seule personne qui est sortie indemne de cet incendie est l’ancien toxicomane que la famille hébergeait. Victime de graves brûlures, l’homme est toujours aux soins intensifs.

Raphaël Tassart  Nord Eclair

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