faux policier

  • sécurité routière:Faux policiers sur les routes: une idée luxembourgeoise

    On a beaucoup évoqué ces derniers temps les leurres utilisés par la police, notamment à Zaventem. Soit de silhouettes de faux policiers, grandeur nature, ou de véhicules de police. Tout le monde s’est extasié devant tant de créativité… en oubliant que cela existait depuis 15 ans en province de Luxembourg.

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    Il faut rendre à César ce qui appartient à César. L’initiative de placer des leurres -de faux policiers ou de fausses voitures de police- le long des routes est née en province de Luxembourg. Voici 15 ans! Alors quand les médias ont loué la créativité et le sens de l’initiative de la police de la zone Zaventem, le commissaire Francis Deom a été un peu heurté. Actuellement commissaire divisionnaire de la zone Gaume il était en 1999 le chef de corps de la police de la route Luxembourg, au sein de la gendarmerie de l’époque. Et l’idée d’installer des trompe-automobilistes est venue de lui. « Ce fut un travail collectif. Le vrai chef d’orchestre de cette opération a été Patrick Jaumot, qui a d’ailleurs servi de modèle pour le premier leurre. À l’époque, l’état-major de la gendarmerie nous demandait d’être créatifs, de développer des initiatives… On misait beaucoup sur la prévention. C’est comme cela qu’on a développé une sorte de radio-traffic à l’échelle provinciale. C’est aussi d’Arlon qu’est partie l’idée d’annoncer les contrôles de vitesse. Maintenant c’est devenu banal, évident, et cela se fait dans tout le pays. Mais c’est né à Arlon. Enfin, il y a eu les leurres », commente le commissaire-divisionnaire.

    Le projet a donc abouti sur papier. Le gouverneur de la province a alors apporté son appui. Et des prototypes ont été développés. Avant la production de deux vrais leurres. « On a voulu jouer sur deux volets », poursuit Francis Deom. « Tout d’abord le rappel de la norme. Pour cela on utilisait le leurre «Patrick Jaumot», dont la main indiquait un panneau ou un autre rappel. Ensuite, il y avait le volet «dissuasion». Pour cela, nous avions un leurre qui reproduisait l’arrière d’une Saab. Mieux valait ralentir car il y avait souvent un radar derrière. »

    Les résultats ont été extrêmement probants. « On a vu les infractions chuter de 80 à 90% aux endroits où on mettait un leurre. Le MET de l’époque nous avait aussi prêté des caméras afin de filmer le comportement des automobilistes. C’était clair que les usagers levaient le pied à l’approche des leurres. » Revers de la médaille: il fallait les bouger très régulièrement de place. Et rançon de la gloire, un leurre a même été volé. « C’était à la Côte Rouge, près d’Arlon. Un admirateur, sans doute… »

    Les leurres arlonais existent toujours. « Ils sont dans un garage. On les sort encore de temps en temps. Même si c’est rare », nous dit-on au WPR. Le commissaire Deom, lui, reste convaincu de leur utilité. « D’ailleurs, on procède un peu de la même manière avec les boîtiers des radars. Dans ma zone, j‘en ai 10. Mais on ne sait jamais si l’appareil est dedans. Du coup, on ralentit dans tous les cas

    Source : nicolas léonard sudpresse+