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  • Mouscron : on l’empêche d’installer la terrasse de son café

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    Il y a près de 2 mois, Corinne Ferret, la gérante du café le Co&co situé à la Rénovation Urbaine a reçu un appel de la Ville lui ordonnant d’enlever la terrasse qu’elle venait d’installer car des travaux d’aménagement étaient en cours. Aujourd’hui, l’endroit est prêt à accueillir les clients de Corinne qui souhaitent profiter du soleil mais pourtant, elle n’a toujours pas reçu l’autorisation nécessaire.

    L’arrivée des beaux jours donne souvent aux cafetiers l’occasion de réaliser de beaux chiffres d’affaires. Quoi de mieux en effet pour les clients de se retrouver en terrasse pour profiter du soleil autour d’un verre. Corinne Ferret a pourtant rapidement déchanté lorsqu’elle a voulu installer la sienne au début de l’été, une terrasse qu’elle met à disposition de ses clients depuis maintenant 6 ans. « Des responsables communaux sont venus me dire qu’il était hors de question que j’installe ma terrasse avant la fin des travaux en cours. Il y avait pourtant déjà de la place pour placer quelques tables et des chaises mais je me suis exécutée et je l’ai démontée. Le temps d’enlever ce que je venais d’installer, la police était déjà sur place pour vérifier que tout était parti », explique Corinne.

    Pour cette figure bien connue de la vie mouscronnoise, cette interdiction est un terrible manque à gagner. Sur une journée, elle estime que sa terrasse lui rapporte 200 euros. Étant ouverte 25 jours par mois, cela représente une somme mensuelle de 5000 euros. « C’est un été épouvantable pour moi, je suis très en colère. J’en ai parlé aux autorités et notamment aux représentants du MR mais depuis qu’ils sont dans la coalition, j’ai l’impression qu’ils se démènent beaucoup moins qu’avant pour ce genre de choses. Je me souviens des conseils communaux lors desquels le MR prenait la parole pour contester les décisions de la Ville mais c’est de l’histoire ancienne. J’étais encore sur les listes MR lors des dernières élections mais ils ne doivent plus compter sur moi. C’est trop facile de venir chercher les gens pour récolter des voix et les laisser tomber quand on a eu ce qu’on voulait », estime Corinne.

    Pour permettre à ses clients de profiter du beau temps, Corinne peut toujours se rabattre sur l’autre entrée de son café mais la terrasse y est bien moins importante. « Je peux installer quelques tables, c’est déjà ça. Je tiens quand même à dire que la Ville m’a fait payer 520 euros pour ce petit morceau de terrasse, je trouve qu’ils auraient au moins pu faire un geste en sachant que j’avais l’interdiction d’installer ma terrasse principale… »

    Les cafetiers en ont marre

    Le gérant de l’établissement qui fait face au Co&co et où nous nous sommes installés pour l’entretien écoute d’une oreille attentive et prend la balle au bond. « Je suis tout à fait d’accord avec Corinne, la Ville de Mouscron ne se préoccupe pas du commerce local, c’est vraiment désolant. J’envisage d’ailleurs sérieusement d’aller voir mon comptable pour mettre un terme à mon activité, ce n’est plus possible. »

    Les tenanciers des cafés de la Rénovation Urbaine se plaignent également de recevoir des plaintes liées au tapage nocturne. « Le problème, c’est que dans les contrats de location des appartements de la Réno’, il est écrit que c’est un endroit très calme et paisible alors qu’il y a plusieurs cafés avec des terrasses. » En effet, il n’est pas rare que la police se déplace pour tapage nocturne parce que les gens téléphonent pour se plaindre. « Il faudrait peut-être commencer par prévenir les locataires avant qu’ils ne signent leur bail. On ne met jamais de musique en terrasse mais il est évident que les gens discutent et rigolent lorsqu’ils viennent boire un verre et cela fait effectivement un peu de bruit pour ceux qui habitent à côté. On ne peut malheureusement pas faire grand-chose pour éviter cela »

    Aujourd’hui, les travaux sont terminés et le sol de la Rénovation Urbaine est tout à fait propice à l’installation de la terrasse de Corinne mais face au manque de nouvelles de la Ville, elle semble quelque peu résignée. « Je n’ai pas envie de courir après les autorités communales, tout ça me fatigue. J’attends simplement qu’ils reviennent vers moi. »

    source:  article de R.D sudpresse Mouscron