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Insolite - 103 ans, et sur Facebook

A l’occasion d’une initiative du consulat de France en Belgique visant à rendre une visite amicale aux deux Français les plus âgés installés dans le Royaume, nous avons rencontré François Vandenbosch, 103 ans. Cet ancien pédicure qui fut prisonnier et saboteur durant la Seconde Guerre Mondiale, ainsi qu’artiste à ses heures, est un livre à lui tout seul. Il a d’ailleurs écrit ses mémoires à 95 ans et continue de communiquer via une page Facebook très active.

« Tout va bien, je vais toujours bien ! » Les premières paroles de François Vandenbosch donnent le ton et une idée assez précise du personnage. Malgré ses 103 printemps, il vit toujours chez lui, accompagné de sa fille, Françoise, et n’a pas la langue dans sa poche. Tant est si bien qu’en 2010 sort Le Petit François, récit de ses mémoires. « Mes amis et ma famille me demandaient toujours de raconter certains morceaux d’histoire de ma vie. Du coup j’ai décidé d’écrire un livre », explique François, le regard rempli de malice.

PÉDICURE À LEUZE
L’histoire de sa vie commence le 5 mai 1911, à Roubaix. A 10 ans, lui et sa famille déménagent de Paris direction la Belgique : « Ma mère, qui était pédicure, ne se plaisait pas dans la capitale française. Ma soeur a alors dit qu’elle connaissait une petite ville en Belgique où il n’y avait pas encore de pédicure. C’est ainsi que nous avons déménagé à Leuze-en-Hainaut. » Après avoir, notamment, vendu des lames de rasoir à Bruxelles et repris la profession de sa mère, François s’engage dans le 43e régiment d’infanterie à Lille. On vit alors la seconde guerre mondiale. « J’ai été prisonnier de guerre pendant quatre ans et demi, à Voves, en France, puis dans un camp de 10.000 prisonniers en Allemagne. D’ailleurs, je n’ai jamais voulu apprendre l’Allemand afin de ne pas comprendre les ordres que l’on me donnait », rigole-t-il. Sa qualité d’ouvrier civil lui octroie alors la possibilité de saboter du matériel allemand.
Une pratique dont il n’est pas peu fier : «Je n’oublierai jamais mon plus beau coup. J’étais dans un commando et, avec deux autres Français, on nous envoyait travailler dans une forge. Nous devions frotter certaines pièces faisant partie de la direction des camions avec un bâton trempé dans de l’acide sulfurique. Mais on ne le faisait pas toujours ! Les Allemands ont perdu 105 camions à cause de problèmes de direction... Et donc à cause de nous. On ne s’est jamais fait prendre. »
Libéré par les Américains à la fin de la guerre, il commence alors une nouvelle vie en Belgique, où il vit depuis plus de soixante ans. En plus des histoires, ce sont désormais les chansons, les poèmes et les timbres qui rythment son quotidien. «Mon cousin, qui était philatéliste, m’a donné son cahier regroupant tous ses timbres. En plus de les collectionner, j’en ai utilisé certains pour faire des tableaux. »

« UN VRAI ARTISTE »
Pour le petit-fils de son meilleur ami, Laurent Roman, qui le côtoie régulièrement et qui anime sa page Facebook, François est «un vrai artiste. Son poème L’homme au chapeau a notamment été primé au Printemps des Poètes 2012 et François l’a récité à la télévision. » C’est après avoir chanté comme tout le monde du Ray Ventura que nous quittons le petit François. Et lorsqu’on le salue en lui demandant : «Aux 105 ans ? », il nous répond «Aux 150 ! ». Lesymbole de ce personnage plein de vie et vraiment pas comme tout le monde

KÉVIN MURGUE sudpresse

Retrouvez des vidéos et des photos du petit François via sa page Facebook : François Vandenbosch ICI

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